Les liens entre un parent et son enfant dépendent de la première rencontre à la naissance et des relations qui vont se tisser entre eux dès la petite enfance.
Durant la grossesse et lors de la naissance, la mère se trouve dans un état de plus grande vulnérabilité émotionnelle. La maladie mentale peut aggraver les peurs inhérentes à l’état de grossesse : l’accouchement peut être vécu comme répétition d’un traumatisme ancien, des expériences infantiles précoces sont réactivées…
La dépression psychotique du post-partum est liée à la réorganisation psychique maternelle face à l’altérité et à la dépendance absolue du nourrisson.
Quand le parent souffre de maladie mentale, il est fragilisé dans la relation à l’autre, dans l’intersubjectivité. Le bébé a une capacité innée d’intersubjectivité et est ainsi sensible aux affects et intentions de l’autre. Son psychisme se construit à partir de celui de sa mère et à partir de leurs interactions et créations mutuelles.
La rencontre entre un parent malade psychiquement et le bébé est donc à risque de distorsions relationnelles précoces et de désorganisation durable chez l’enfant.