Ce texte de la psychologue Reine Vander Linden traite de la transition brutale du nouveau-né de la vie utérine vers le monde extérieur, et de l’importance des premiers soins dans la construction de son identité.
Après l’équilibre parfait de la grossesse, le nourrisson naît dans un état de vulnérabilité et de dépendance totale. Et il est plongé dans un environnement inconnu et imprévisible.
Au fil des échanges avec son entourage, ses sensations et ses émotions vont prendre sens.
Grâce à la répétition, à la régularité et à la constance de présence des figures de soins, se dessine pour le bébé une certaine prévisibilité dans l’aléatoire de sa petite existence.
Un nourrisson qui, dans des délais raisonnables et constants, reçoit une réponse à ses besoins pourra petit à petit comprendre comment les « choses » fonctionnent et acquérir la certitude qu’il ne sera pas laissé pour compte. À l’inverse du bébé dont les parents répondront systématiquement à ses appels de manière imprévisible.
Ces expériences régulières ou non, continues ou non, prévisibles ou non, et la justesse des réponses reçues vont conditionner un plus ou moins grand sentiment de sécurité, constitutif du sentiment de soi.