Le Dr Jean-François Chicoine est pédiatre, spécialisé en adoption internationale. Au CHU Sainte-Justine de Montréal, où il travaille, il a eu l’occasion de rencontrer plus de 20 000 enfants adoptés, vivant en famille d’accueil ou présentant un handicap.
Sa pratique s’élabore en partenariat avec tous les spécialistes de l’enfance et selon divers points de vue (langagier, cognitif, moteur…). Cette interdisciplinarité est d’autant plus nécessaire qu’elle contribue à une meilleure connaissance et compréhension du lien qui s’établit dans une famille.
La théorie de l’attachement, élaborée par John Bowlby dès 1958, a fait beaucoup de vagues dans les années 1960-1970, avec des répercussions pratiques en psychologie, en médecine et dans les neurosciences.
Vers la fin des années 1970, elle devient un modèle fondateur pour les pédiatres, les psychologues, les travailleurs sociaux, mais aussi pour les juristes.
À partir de 1995, des preuves scientifiques viennent lever certains flous, qui deviennent des réalités.
Cet article aborde les changements intervenus dans la pédiatrie depuis lors, grâce à l’évolution des techniques d’imagerie médicale et des neurosciences. Cette évolution permet de mettre en lien des éléments physiologiques et anatomiques du développement du cerveau de l’enfant avec ceux issus de la théorie de l’attachement.
Article écrit par Annick Dumont et Chrsitine Lucassen sur base des conférences du Dr Jean-François Chicoine lors du colloque « Le lien… S’en mêler sans s’emmêler »