Tout d’abord, j’aimerais rendre hommage et dire merci à mes parents, mes frères, ma famille, mes amis.
1970, mes parents attendent leur premier enfant, super ! Mais c’est une petite smurf toute bleue qui arrive… Pas prévu au programme ça ! L’annonce de mon handicap a dû faire l’effet d’un tsunami dans la famille Biot, j’étais l’aînée, mes parents n’avaient pas de mode d’emploi, ils étaient jeunes et pleins d’espoir. J’étais aussi le premier petit-enfant du côté maternel, je les faisais basculer un peu bizarrement dans la génération suivante.
Mes parents ont réagi chacun à leur façon : maman de manière dynamique et volontaire, voulant me voir comme sa fille et non comme des problèmes. Papa, plus discret, peut-être avec la difficulté de se placer dans le duo volontaire que formaient la mère et la fille. N’empêche que dans mon vécu et mes souvenirs, il a toujours été là et soutenant, plus présent au fur et à mesure que je grandissais.
Malgré la négligence médicale vécue durant ma naissance, ils n’ont pas trop hésité à me donner un petit frère, 23 mois après ma naissance. Heureusement, car on s’adore et nous vivons une belle histoire. Un second frère arrivera 17 ans après, nous avons la même maman. Nous sommes tous les trois super proches, je me suis beaucoup occupée de mon petit frère, et vu mon âge, j’ai été attentive à la façon dont il vivait ma différence. J’estime qu’il s’agit de ma situation de handicap et je ne souhaite pas que mes proches – je pense là aux enfants qui m’entourent et que j’adore – en souffrent. (…)